Biographie

Auteur dramatique, Pascal Vrebos est à la fois connu comme dramaturge et comme homme de radio et de télévision.

Né à Bruxelles le 26 mai 1952, il suit des études de philologie romane à l’ULB et de sémiologie à Paris. Il se consacre ensuite à un journalisme à la fois d’investigation et de satire. En témoignent ses interviews imaginaires pour L’Instant, ainsi que des publications telles que Le Gorbatchoc (grands reportages sur la chute de l’URSS) et Ultimes Entretiens avec Henry Miller (récit de sa rencontre avec le célèbre romancier américain).

Homme aux multiples talents

Sa carrière radiophonique débute à la RTB (devenu par la suite RTBF), qu’il quitte, en 1992, pour le groupe RTL, où il est en charge de la revue de presse, des chroniques, puis de l’émission Bel RTL soir. Dans le même temps, il est également à la barre d’émissions culturelles comme Livres et Vous ou La Plume et la Souris. Mais c’est évidemment l’émission Controverse, qu’il produit et présente durant 20 ans, qui lui permet de se faire connaître du grand public.

Depuis 2000, il anime, chaque dimanche, l’émission L’invité, tant sur le plateau de RTL-TVi que sur les ondes de Bel RTL. Parallèlement à cela, il a enseigné pendant plusieurs années au Conservatoire Royal de Bruxelles, à la HEFF ( Haute école Francisco Ferrer) et donne toujours le  cours d’Education aux médias à l’Université Libre de Bruxelles.

Ecrivain, dramaturge et sémiologue, Pascal Vrebos est l’auteur d’une trentaine de pièces de théâtre. Celles-ci ont été traduites en anglais, en allemand, en néerlandais et en tchèque. Son premier fait d’arme: Le Mot magique, pièce écrite à l’âge de 17 ans et lue pour la première fois en 1970. Deux ans plus tard, elle est suivie de L’Agenda orange, jouée à la Chapelle de Boendael, puis de Tête de truc, en 1973. Trois pièces qui ne laissent pas la critique et le public indifférents.

Tête de Truc : voilà de l’onanisme en scène sur un mode déplaisant et vulgaire.
(Pantalon, Pan, 1976)
Tête de Truc : une pièce visionnaire, superbe, terrifiante, drôle !
(Los Angeles Herald, 1983)

Certaines de ses pièces sont aussi jouées en France, en Allemagne, ou encore aux Etats-Unis, comme, en 1978, Réincarne-toi Polycarpe! En 1992, il écrit L’Avare II, une suite imaginaire à l’œuvre de Molière, qui sera même jouée en wallon, en 1999. Il trouve l’inspiration à Patmos, île grecque qui voit naître, parmi une trentaine de pièces,  Lady Camilla, pièce qui sera jouée au Théâtre des Galeries, à Bruxelles, lors d’une visite officielle du prince Charles d’Angleterre!

Récompenses

Pascal Vrebos a déjà remporté de nombreux prix littéraires, dont celui de la SACD pour l’ensemble de son œuvre, ainsi que le prix Claude de Groulart en 1996.

Préface de Raluca Lupu pour le livre Oeuvres théâtrales complètes de Pascal Vrebos (*)
« Pascal Vrebos, né à Bruxelles en 1952, dramaturge, romancier, essayiste, homme de radio et de télévision (à la RTBF, puis à RTL-TVi et Bel RTL), professeur de sémiologie et de stylistique au Conservatoire royal de Bruxelles, à l’Institut Cooremans et à l’U.L.B., membre, depuis 1999, du Conseil supérieur de la Justice, est avant tout l’écrivain sismographe, le témoin attentif du spectacle quotidien. Il a reçu de nombreux prix dont notamment le prix de la SACD pour l’ensemble de son oeuvre et le prix Best of California pour sa pièce Tête de truc.
Un homme passionné et passionnant qui, par sa vocation et sa profession, cherche sans cesse à connaître et à comprendre l’Autre, une connaissance de l’homme au-delà de ses masques. Son oeuvre est impressionnante : il écrit de la prose (L’Homme-Caramel, Sur un air de Glinka, Le Fouille-merde), des documents (Ultimes Entretiens avec Henry Miller, Les Stars russes, Le Gorbatchoc), mais surtout du théâtre (L’Agenda orange, Tête de truc, L’Avare II, La Piaule, Crime magistral ou L’homme descend du songe, L’Imbécile). Ses pièces, dont beaucoup ont été traduites dans le monde entier, font exploser par un humour corrosif les cadres d’une vie trop souvent banalisée. Et ses personnages jouent sur la scène la comédie des visages multiples et monstrueux du mensonge, afin de les mettre en thérapie par le truchement du rire. Les pièces de théâtre de Pascal Vrebos deviennent des laboratoires de dissection et de microscopie des masques humains, de sorte que le spectateur se trouve devant un monde à la recherche de sa propre identité. Voilà le sujet de chaque texte de Pascal Vrebos, qui, usant d’un langage épuré de tout préjugé, met en cause la nécessité d’une subversion de la société qui continue de nourrir des dogmes et des falsifications quotidiennes et qui ne cesse d’agoniser tout en cachant la vraie nature humaine.
Et, pourtant, qui est Pascal Vrebos ? Un enthousiaste de la vie, animé par un désir inassouvi de « vivre la vie dans toutes ses valences », toujours en direct avec la réalité qu’il dépiaute dans ses émissions télévisées et radiophoniques. Ou bien, un créateur passionné de l’éternel humain qui se propose de « concasser la croûte du réel », de fustiger l’hypocrisie.
Il est tout cela à la fois. « Il s’agit de retrouver le vrai sens de la vie, d’exorciser le cauchemar climatisé qu’est notre civilisation, d’exorciser cette mort dans la vie qui ne peut mener qu’à l’apocalypse », écrit-il en parlant d’Henry Miller, mais, en réalité, Pascal Vrebos ne fait que parler de soi-même, expliquer sa propre écriture. Ses pièces de théâtre, ses romans sont une quête constante de l’homme d’avant l’aliénation sociale.
Il combat sans cesse le mensonge, et ses armes – des plus efficaces, d’ailleurs – sont le « fou rire » délivrant, la satire, la parodie par lesquels il dénonce les tics verbaux, les lieux communs écoulés, typiques au parler quotidien d’aujourd’hui et surtout les contraintes absurdes de la société, la vie falsifiée.
Le théâtre, la forme dans laquelle Pascal Vrebos se sent le mieux, est une surprenante et très efficace entreprise de démasquement. Son Harpagon, personnage de L’Avare II, dit sur la scène avec le plus cruel cynisme : « Le mensonge est l’arme des forts et l’histoire est écrite par les vainqueurs. Il faudra donc toujours se mettre du côté du plus fort ou du plus riche, ou faire semblant, et en même temps, demeurer intraitable avec les faibles. » En effet, les comédies de Pascal Vrebos réalisent avant tout une initiation au masque afin de le détruire par la suite. Mais l’ironie, pour être efficace, se doit d’être manifestement flagellatrice.
Une fois dévoilé sur la scène, le mensonge sera récupéré par le « mot magique », capable de ressusciter un monde entier. Déçus par « l’échec cuisant » de leurs vies, conscients de leur imposture, les personnages de Pascal Vrebos réussissent à se sauver par et dans le langage. Par son écriture, Pascal Vrebos dévoile la logique de la dissimulation qui sanctifie sa rigueur dans le dérèglement de ses mécanismes, une logique qui rend les êtres étrangers à eux-mêmes et à leurs propres désirs. C’est pourquoi le travail de démasquement sera systématiquement centré sur le pouvoir démystificateur du mot devenu acte sur la scène.»
(*) Le Cri édition, 2008.