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Cette pièce de théâtre de Pascal Vrebos fut écrite en 2013/2014.

Avec L’Accusateur Pascal Vrebos dresse un réquisitoire sans concession à l’encontre des illusions et fausses espérances humaines. Dénonçant une société de l’argent, son personnage parfois effrayant, parfois clownesque, ne craint pas de s’en prendre au ciel : il s’adresse au Concepteur qui, lui, demeure inexorablement silencieux. Un texte dérangeant et vrai, qui rappelle une mission première du théâtre : représenter la vie, jusques et y compris la dureté de vivre.

 Les Éditions du CEP

 

Yves Claessens dans l’Accusateur au Théâtre de Poche, à Bruxelles, en mai 2016.
Une coproduction du Théâtre de Poche et d’Utopies en marche.


Soliloque menaçant

Un homme monte sur scène. Un échappé d’asile ? Un nouveau prophète ?
Sans retenue notre agitateur déboulonne les imposteurs et interpelle nos consciences.
Personne n’a grâce à ses yeux ; politiques, militaires, fanatiques religieux, banquiers, néo-fascistes, artistes… Comme un miroir, le texte suscite la réflexion et nous plonge dans les interrogations de notre temps.
Un spectacle qui dénonce tous ceux-là qui sans se l’avouer regrettent le confort rassurant des pouvoirs forts, des Etats totalitaires et des dogmes religieux absolus.
Perpétuant une grande tradition humaniste L’Accusateur prône, in fine, le libre examen.
« Ce monologue est une polyphonie de l’esprit. » Jean-Claude Idée

http://poche.be/spectacle/laccusateur


Foncez! Un monologue fracassant d’utilité publique.

« Soliloque menaçant », dit le programme du Théâtre de Poche. Nous voilà prévenus. Mais L’Accusateur s’avère être bien plus que cela. Un seul en scène prodigieux comme on en voit peu. Qui est cet homme qui accuse tous les hommes ? S’adressant tour à tour au « boss » les yeux au ciel, et au public, le regardant bien en face, il se fait l’intermédiaire, invectivant l’un et l’autre, tout en s’inclinant parfois : « L’autre, c’est toujours un peu moi ».

Yves Claessens, dans une performance époustouflante, se mue en prophète acerbe mais presque tendre à la fois. Il se met au service de ce texte grandiose et nous le tend comme un cadeau aux multiples facettes, tantôt brusquement, tantôt délicatement, mais en prenant soin toujours de faire vibrer chaque mot pour que leur sens nous percute.

Il accuse. Et tout le monde y passe. Les hypocrites, les affameurs, les politiques, les banquiers, mais aussi les artistes et les utopistes… Il fustige l’humanité entière. Accusant par le biais d’une caméra dont l’image est directement transmise sur écran géant, il se met en scène façon présentateur de JT, comme pour mieux nous atteindre, nous les grands consommateurs d’images animées.

Amer, désolé, résigné, dégoûté, révolté, provocateur, accusateur. Il raille nos travers en les incarnant, habilement mais sans jamais prendre de gant.

Sur scène, quelques accessoires symboliques servent de point d’appui aux accusations qui se bousculent devant nous. Il est question de pouvoir, de soumission, d’immigration, d’argent, de lâcheté, de religion, de dictature, d’orientation sexuelle, de peur panique du néant, de liberté… Chaque mot fait sens, chaque phrase fait mouche comme autant de sentences douloureusement jouissives. Il faut dire que la justesse du texte est intensifiée par la précision du ton. Un ton incisif mais bourré d’humour, qui se fait parfois fort noir mais qui ne se défait jamais de son piquant.

Et il y a dans le texte de Pascal Vrebos une poésie brute qui, mêlée à la profondeur des sujets abordés, déclenche des envolées. Au milieu de ces dénonciations se trouve aussi une douceur inattendue, incarnée par la légèreté d’une coccinelle, dans laquelle on aperçoit une forme de détresse propre à ce personnage qui se dit prophète.

On ne ressort pas indemne de ce face à face avec cet homme étrange qui s’évertue à brandir notre Histoire sous notre nez pour nous toucher là où ça fait mal.

Une performance à couper le souffle et un texte bouleversant.Un monologue fracassant. D’utilité publique.

Il vous reste quelques jours pour vous laisser tenter par L’Accusateur… Foncez !!!

Article paru dans Culture Remains par Morgouille


Prophète de malheur

On y voit une sorte de prophète apocalyptique prénommé Jean et qui prétend parler au nom du Créateur éternellement silencieux lancer des imprécations contre l’espèce humaine, ses fourberies, ses bassesses, son égoïsme, sa bêtise, sa méchanceté, son hypocrisie, ses fausses croyances, sa morale étriquée, ses idéologies dévastatrices, son inertie, sa haine de l’autre, sa finitude, sa crasse physique et morale, mais aussi contre l’univers tout entier, en proclamant avec force que la fin est proche, à la manière du professeur Philippulus de Tintin et l’étoile mystérieuse. Mais si ce frère de Bardamu, l’imprécateur du Voyage au bout de la nuit, casse joyeusement la baraque, c’est malgré tout avec l’espoir ténu que le jour puisse se lever, car sa dernière phrase lancée au public est : « À vous de jouer maintenant ». À qui perd, perd, comme disait Coluche…

Bernard DELCORD 


l’accusateur ,

asseyez-vous dans la lumière si nécessaire que nous donne le théâtre, le vrai”

Et si, sous ses dehors affables et son regard malicieux, Pascal Vrebos dissimulait depuis toujours une colère tellurique, contenue, retenue comme ces lents mouvements des masses terrestres qui, un jour, se transforment en tremblements de terre ? Et si, sous ses habits de journaliste incisif, Vrebos dissimulait un artiste indigné ? C’est peut-être ce que nous fait découvrir sa dernière pièce, “L’accusateur” dont le sous-titre est révélateur : “Comédie étranglée”. Jean est le nom du personnage qui soliloque pendant plus d’une heure en dénonçant, en accusant, en vilipendant les lâches, les riches, les affameurs, les dictateurs et ceux qui les placent au pouvoir, les utopistes et les artistes. Personne n’échappe à sa colère, même pas le “boss”, le “patron” qui de là-haut observe muet les cataclysmes commis en son nom. Une seule créature est épargnée de son courroux, une confidente, une amie, une innocente. Elle s’appelle Flo. C’est une coccinelle. Elle le suit de puis toujours, virevolte autour de lui, vient se déposer sur le dos de sa main pour réconforter Jean quand il ne sait plus où donner de l’accusation. Jean, Flo et le Patron, les protagonistes de cette fable trop grave pour que l’on rie vraiment aux mots d’esprit – le rire s’étrangle souvent devant la vérité qui nous est assénée – , nous accompagnent longtemps après que les feux de la rampe se soient éteints et que dans le noir surgisse une dernière incantation, adressée à chacun de nous : “C’est à vous de jouer, à présent !”. Inscrite dans le catalogue des Universités Populaires du théâtre, la pièce de Vrebos trouve naturellement ses prolongements dans la “libre pensée” à laquelle elle nous invite, au débat qu’elle peut engendrer et libérer des positions convenues. Si “L’accusateur” soliloque, il sait que nous l’entendons, assis dans l’obscurité du théâtre, il sait que rien n’est gratuit dans le jeu auquel il se livre par le truchement du comédien (l’excellent Yves Claessens) et dans la mise en scène signée Jean-Claude Idée, co-fondateur des Universités Populaires du Théâtre, dont chacune des créations regorge d’inventivité et de justesse (l’ouverture “magritienne” de la pièce est magistrale !). Au public de prendre la relève, à lui de jouer à présent, de réfléchir, de débattre, d’écouter, de ne pas admettre, de s’engager, de penser pour lui, d’être “hypercrite” (contraire de hypocrite..).
Quittez vos écrans, traversez le bois de la Cambre, franchissez la porte du “Théâtre de Poche” avant le 28 mai, asseyez-vous dans la lumière si nécessaire que nous donne le théâtre, le vrai.

Edmond Morrel, le 18 mai 2016, Espace Livres


Ecoutez Pascal Vrebos au micro d’Edmond Morrel

 

L’ACCUSATEUR, une pièce éclatante sans conteste !

Oui, l’accusateur soliloque menaçant…

Un seul en scène intéressant et terriblement d’actualité, remarquablement   joué par Yves Claessens.

Le plateau du théâtre est vide, à l’exception d’un homme qui dévore une banane et qui regarde le public avec un certain sourire…

Lumières tamisées.

En fond de scène : un grand écran.

On peut imaginer la présence de la télévision…

L’homme se lève et commence à arpenter le plateau d’un pas malhabile, avec une grande valise lourde. Il gigote….

Qui est cet homme ? Un échappé d’asile ? Un nouveau prophète ?

Sans retenue, notre agitateur déboulonne les imposteurs et interpelle nos consciences.

Il vocifère, beugle, la bouche pleine de la banane.

Personne n’a grâce à ses yeux : politiques, militaires, fanatiques religieux, banquiers, néo-fascistes, artistes…

Un spectacle qui dénonce tous ceux-là qui sans se l’avouer regrettent le confort rassurant des pouvoirs forts, des Etats totalitaires et des dogmes religieux absolus.
 Perpétuant une grande tradition humaniste.

Une heure d’une violente harangue qui électrise !

Roger Simons, les feux de la Rampe  http://lesfeuxdelaramperogersimons.skynetblogs.be

http://lesfeuxdelaramperogersimons.skynetblogs.be/apps/search?s=vrebos&search-submit-box-search-133855=OK

Le nouveau « J’accuse »

Pascal VREBOS, L’accusateur ou La comédie étranglée, éditions du CEP, 2016, 64 p., 8€

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Un homme vraisemblablement en colère contre le monde nous prend à partie. Qui est-il pour se permettre de nous recracher à la face tous les travers de notre humanité ? Un philosophe ? Un vagabond qui traîne son discours de place en place ? Un despote ? Un prophète ? Un para-humain ? Il est un peu de tout cela à la fois.

Ce type qui se fait appeler Jean est avant tout un accusateur. Face au public, avec pour seule compagnie sa valise, ses bananes et ses cuberdons, Jean accomplit son devoir : accuser tout et tout le monde. Les hypocrites, les financiers, les diplomates, les familles nombreuses qui pondent chaque jour plus de gosses alors qu’il n’y aura bientôt plus assez de ressources sur terre pour nourrir toutes les bouches, les riches autant que les pauvres, les spéculateurs, les moralisateurs, les sermonneurs, les lâches, les extrémistes, les artistes, les militaires, les vieux… Tout le monde en prend pour son grade. Même le Grand Patron, son employeur, qui a créé ce grand machin pour ensuite se retirer et le laisser aller à vau-l’eau. Il accuse sa mégalomanie machiavélique. Mais on sent notre homme fatigué d’accuser, las de se livrer à ces batailles inutiles. Au fil des pages, il se révèle plus sensible, sujet à certaines révélations personnelles. La mort semble se profiler. L’heure de la retraite a peut-être sonné ? Ou lui-même ne mérite-t-il plus cette place tant il y aurait également à redire au sein de sa propre personne ?

D’une plume âpre et féroce, tout en se détachant d’un ton moralisateur, Pascal Vrebos donne une belle claque au lecteur/spectateur. Le public se voit pointé du doigt à tout moment. Il rit jaune, d’un rire étranglé, amer. Jean lui renvoie une image assez négative. L’homme doit reprendre son destin en mains. C’est à lui de se révolter, d’agir, de trouver des solutions. Jean, lâchement, désire se retirer du combat ; il n’est après tout qu’un simple accusateur, non un bienfaiteur ni un révolutionnaire.

Émilie GÄBELE

Note d’un lecteur sur Amazon

Pascal VREBOS L’ACCUSATEUR ou La comédie étranglée (Cllection: Signatures & Théatre – Les éditions du CEP ) 28 février 2017
“Soliloque menaçant”, sous-titre l’auteur. Tour d’horizon percutant de notre monde, scanning 3D de notre humanité… ou plutôt manque d’humanité!
Bref, talentueux, ébouriffant, salutaire remue-méninges. Eveil ou réveil, disponible sans prescription. A ne pas manquer.